Le Omer fait référence à la période de sept semaines entre Pessa’h (Paque) et Chavouot (Pentecôte). Contrairement aux autres fêtes, la Torah ne donne pas une date spécifique pour la célébration de Chavouot. Elle nous dit de la célébrer exactement sept semaines après Pessa’h, en comptant chacun des 49 jours qui séparent les deux fêtes. C’est ainsi que le second soir de Pessa’h, on commence le Séfirat haOmer, le compte du Omer. C’est la période du Omer qui établit une connexion étroite entre Pessa’h et Chavouot.

Qu’est-ce que le Omer?

Souvent traduit par « gerbe », le mot Omer désigne une unité de mesure des céréales (environ quatre litres). À l’époque du Temple, le deuxième jour de Pessa’h, les Juifs apportaient en offrande au Temple un Omer de la nouvelle récolte d’orge pour remercier Dieu de la récolte. L’orge était la première céréale à mûrir. Les Cohanim (prêtres) les agitaient dans toutes les directions. Les Juifs comptaient les jours des sept semaines. Puis le cinquantième jour, ils apportaient au Temple des pains faits avec la farine de la nouvelle récolte et les prémices ou premiers fruits de leur récolte. C’était la célébration de ‘Hag haChavouot, la fête des semaines, que la Torah appelle aussi ‘Hag haKatsir, la fête de la récolte, et ‘Hag haBikkourim, la fête de prémices.

Puis, vous compterez chacun, depuis le lendemain de la fête, depuis le jour où vous aurez offert le Omer du balancement, sept semaines, qui doivent être entières. Vous compterez jusqu’au lendemain de la septième semaine, soit cinquante jours, et vous apporterez à l’Éternel une offrande nouvelle.

Lévitique, 23:15-17

La période du Omer a aussi une signification spirituelle. Elle représente le passage entre la sortie de l’esclavage en Égypte et la rencontre avec Dieu au mont Sinaï. La libération physique n’est pas un but en soi. Elle ne suffit pas si elle ne s’accompagne pas d’une libération spirituelle. Chavouot, qui célèbre notre entrée dans l’alliance de la Tora, marque l’aboutissement du processus de libération engagé à Pessa’h. Avec le don de la Torah, célébré à Chavouot, nous recevons les lois et instructions qui permettent de vivre cette liberté.

Comment compte-t-on le Omer?

Le compte du Omer commence le deuxième soir de Pessa’h et se termine la veille de Chavouot. ֺOn compte en progressant de 1 à 49, comme si nous gravissions des échelons. Cela rappelle le décompte des semaines et mois d’une grossesse. La période du Omer est en effet une période de préparation, de transformation et de maturation personnelle et collective. Pour recevoir la Torah à Chavouot, il faut nous préparer. Chaque jour du Omer nous offre la possibilité de définir la manière dont nous voulons grandir en tant qu’individu et en tant que communauté.

Le rituel a lieu chaque soir, à la tombée de la nuit (début d’un nouveau jour dans le judaïsme). On se tient debout et, comme il s’agit d’une mitsva (commandement), on prononce la bénédiction suivante avant d’accomplir le compte:

בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ אֱלֹהֵינוּ מֶלֶךְ הָעוֹלָם, אֲשֶׁר קִדֶּשָׁנוּ בְּמִצְוֹתָיו, וְצִוָּנוּ עַל סְפִירַת הָעוֹמֶר׃

Baroukh ata Adonaï, Élohénou mélekh haolam, acher kidéchanou bémitsvotav vétsivanou al sefirat haomer.
Tu es source de bénédiction, Éternel, notre Dieu, roi du monde, qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné le compte du Omer.

Après la bénédiction, on prononce le jour du compte. Par exemple:

הַיּוֺם יוֹם אֶחַד לָעֹמֶר׃

Hayom yom é’had laomer.
Aujourd’hui est le premier jour du Omer.

À partir du septième jour écoulé, on compte aussi les semaines. Par exemple:

הַיּוֹם שְׁנֵים עָשָׂר יוֹם, שֶׁהֵם שָׁבוּעַ אֶחַד וְחֲמִשָּׁה יָמִים לָעֹמֶר׃

Hayom chenèm assar yom, chéhèm chavoua é’had vé’hamicha yamim laomer.
Aujourd’hui est 12 jours, qui sont une semaine et cinq jours, du Omer.