« À chaque génération, chacun doit se considérer comme si lui-même était sorti d’Égypte ».

Haggada de pessah

Le soir de Pessah, les Juifs se réunissent autour de la table familiale pour la célébration du Seder. Ils se rappellent comment leurs ancêtres sont sortis d’Égypte et ont été libérés de l’esclavage. Au cours de cette soirée, il s’agit de vivre l’expérience de la la sortie d’Égypte, non seulement à travers les textes de la Haggada, mais aussi à travers des rituels très sensoriels. Nous sentons et nous goûtons notre libération en mangeant différents aliments qui ont une signification symbolique et qui sont disposés sur un plateau au centre de la table.

Les éléments du plateau du Seder

Zéroa – Un os qui nous rappelle le sacrifice de l’agneau que les Israélites faisaient le soir de Pessah au temps du Temple. Zéroa signifie “bras”. L’os nous rappelle le bras étendu avec lequel Dieu nous a fait sortir d’Égypte.

Karpas – Un légume vert (souvent du céleri, persil ou fenouil) que nous trempons dans l’eau salée ou vinaigrée. Le légume vert symbolise la vie et le renouveau. L’eau salée ou vinaigrée représente les larmes des esclaves en Égypte.

Harosset – C’est l’élément doux du plateau du Seder. Il rappelle le mortier avec lequel nos ancêtres fabriquaient des briques en Égypte. Il se compose de pommes, noix, dattes et autres fruits secs. Certains ajoutent du vin pour rappeler le sang des nouveau-nés d’Israël qui fut versé par le décret de Pharaon.

Maror – L’herbe amère (mar = amer en hébreu) nous rappelle la dureté de l’esclavage en Égypte. C’est souvent de la laitue romaine, de la roquette, de l’endive ou du raifort.

Bétsa – Un œuf dur que l’on mange en souvenir des sacrifices d’animaux que les Israélites faisaient pour Dieu les jours de fête, y compris à Pessah. Sa forme ronde évoque aussi le cycle de la vie

Hazéret. Une deuxième herbe amère qui nous rappelle la dureté de l’esclavage. En plus du maror, certains utilisent le hazeret dans le « sandwich de Hillel » où l’on combine la matsa et le maror. D’autres utilisent une seule herbe amère.

En marge du plateau

Matsot – Trois matsot (pains azymes) superposées sont placées au centre du plateau et recouvertes d’un napperon. Aux repas de Chabbat et fête, on a deux pains. Au repas de Pessah, un troisième pain occupe une fonction particulière : c’est la matsa ou pain intermédiaire qui va être séparé en deux au début du Seder. Une moitié, qui reste sur le plateau, représente le « pain de misère ». L’autre moitié est cachée et sera mangée à la fin du repas (« l’afikoman »).

Coupes de vin – À côté du plateau : les quatre coupes de vin (ou de jus de raisin) accompagnent les quatre temps majeurs de célébration du Seder. Ces quatre coupes correspondent aux quatre expressions de la délivrance qui figurent dans la Tora : « Tu diras aux enfants d’Israël : Je suis l’Éternel. Et je vous soustrairai aux corvées que les Égyptiens vous imposent. Et je vous affranchirai de la servitude en laquelle ils vous tiennent. Et je vous délivrerai d’un bras étendu. Et je vous prendrai pour peuple et je serai votre Dieu » (Exode 6:6-8)

Mayim melou’him (eau salée) ou ‘Homets (vinaigre) – Généralement placée à côté du plateau, l’eau salée ou vinaigrée, dans laquelle on trempe le karpas, symbolise les larmes d’Israël versées durant l’oppression en Égypte.