Résumé de la Parachat Terouma (Exode, 25:1 – 27:19)

Dieu demande aux enfants d’Israël de faire des dons ou des offrandes (Terouma) pour l’édification d’un sanctuaire ou tabernacle, afin que « Dieu demeure parmi eux ». Des instructions détaillées sont données pour la construction du sanctuaire, de l’arche, de la table, de l’autel et des barres servant à leur transport. Moïse est chargé de fabriquer une ménora (candélabre à sept branches) selon des prescriptions également précises.

Où se trouve la demeure de Dieu ?

Avec la Parachat Terouma, nous entrons dans le dernier tiers du livre de l’Exode. Celui-ci est largement consacré à la construction du Tabernacle, un sanctuaire portable contenant l’Arche et les Tables de l’Alliance (à l’exception notable de l’épisode du veau d’or).

Pourquoi ce sanctuaire ? Faut-il un édifice pour rendre un culte et pour trouver Dieu ? La tradition juive nous enseigne que nous pouvons rencontrer Dieu de multiples façons. Par les relations que nous entretenons avec les autres, à travers des rituels et des célébrations, à travers des actions de justice, de générosité et de paix, à travers les beautés de la nature. Alors que signifie ce verset de la Tora dans lequel Dieu dit à Moïse :

« Et ils me construiront un sanctuaire pour que je réside au milieu d’eux ? » (Exode 25:8)

La question renvoie à celle de savoir où se trouve la demeure de Dieu. Lorsque les Israélites quittent le mont Sinaï où a eu lieu la Révélation, ils ne laissent pas Dieu derrière eux. Dieu est avec eux, au milieu d’eux. Le mont Sinaï n’a pas un caractère sacré en soi. Il ne devient pas un lieu de pèlerinage et on ne connait d’ailleurs pas précisément son emplacement. Seul Dieu est sacré, « kadoch » en hébreu, c’est-à-dire complètement séparé, distinct. C’est la présence divine qui confère un caractère sacré.

La présence de Dieu n’est pas liée à un bâtiment ou à des objets. Pas d’objets sacrés dans le judaïsme ! Cette présence se trouve dans le cœur et les âmes de ceux et celles qui les construisent et lui confèrent ce rôle particulier de sanctuaire.

Pourquoi un sanctuaire ?

Selon un midrach, le Tabernacle répond tout autant aux besoins de Dieu que celui des Israélites :

Un prince était venu d’un pays lointain pour épouser la fille unique du roi. Lorsqu’il voulut repartir, le roi lui dit : « Je ne puis me séparer d’elle; elle est mon unique enfant. Cependant elle est aussi ton épouse et je n’ai pas le droit de la retenir. Je te demanderai donc une faveur. Construis-moi une chambre où que vous résidiez afin que je puisse habiter auprès de vous! ».

Pour le midrach, Dieu a donné la Tora (sa fille) aux enfants d’Israël et leur a demandé de lui construire un Michkan où il pourrait résider. Le Tabernacle symbolise la présence divine au milieu des Israélites. Fait important, ce tabernacle est mobile : il ne peut rester toujours à la même place. La Tora est en mouvement, portée par les enfants d’Israël.

Le sens de l’offrande

La construction du sanctuaire répond à un besoin humain. Les Israélites ont besoin de se recueillir dans un espace spécifique, de donner une vocation particulière à une construction ordinaire. Dans la Parachat Terouma, il est dit que les Israélites doivent apporter des offrandes pour la construction du sanctuaire. Mais on sait que lorsqu’on fait un cadeau, ce cadeau a autant si ce n’est plus de sens pour celui qui donne que pour celui qui reçoit. On retrouve cette idée dans les mots de la Tora :

« Daber el-b’né Yisraël véyikhou li térouma » (Exode 25:2)

traduit par : « Invite les enfants d’Israël à me préparer une offrande » (traduction du rabbinat français). Mais qu’on peut traduire plus littéralement : « Dis aux enfants d’Israël qu’ils me prennent une offrande ».

Le verbe « véyikhou » signifie prendre. Celui qui donne reçoit quelque chose en retour. Il y a bien un échange dans le fait de donner un cadeau. Que reçoit celui qui donne ? Peut-être le sens de sa propre valeur à travers sa générosité, la capacité à se définir par rapport à l’autre.

Le mot « terouma » est aussi révélateur. Il vient en effet d’une racine qui signifie « élever ». Cela évoque l’acte physique d’élever l’objet lorsqu’on l’apporte en offrande. Mais on peut aussi y voir un sens symbolique : l’offrande à Dieu est une recherche d’élévation spirituelle.