Mazal tov (en hébreu) ou Mazel tov (en yiddich) est l’expression communément employée pour dire « Félicitations ». Littéralement, Mazal  tov signifie « bonne étoile » et pourrait aussi se traduire par « bonne chance ».

Siman Tov ouMazel Tov

On s’exclame Mazel tov lors d’un mariage, une cérémonie de circoncision ou de nomination, une bar/bat mitsva. Mazel tov est aussi dit à l’annonce de toute bonne nouvelle : réussite à un diplôme, nouveau travail ou promotion, nouvelle maison, annonce de fiançailles ou tout autre événement heureux.

Une autre expression, « Siman tov », est aussi utilisée pour exprimer des félicitations. Littéralement elle signifie « temps heureux ». Cela a donné « Siman Tov ouMazel Tov », souvent chanté dans les mariages, bar/bat mitsva, etc.

Mazal, la constellation

L’expression Mazel Tov semble suggérer que le destin des hommes dépend des étoiles. Pourtant la tradition juive affirme avec force que l’homme n’est jamais soumis à une destinée préétablie et qu’il a la capacité d’infléchir le sens de sa vie.

La Tora interdit effectivement toutes les pratiques liées à la divination et à la sorcellerie. À partir de ce verset, les Sages du Talmud mettent en garde contre l’utilisation de l’astrologie pour prédire l’avenir et définir sa conduite.

« Qu’il ne se trouve personne, chez toi, qui fasse passer par le feu son fils ou sa fille ; qui pratique des enchantements, qui s’adonne aux augures, à la divination, à la magie ; qui emploie des charmes, qui ait recours aux évocations ou aux sortilèges ou qui interroge les morts. Car l’Éternel a horreur de quiconque fait pareilles choses ; et c’est à cause de telles abominations que l’Éternel, ton Dieu, dépossède ces peuples à ton profit. Reste entièrement avec l’Éternel, ton Dieu ! » (Deutéronome, 18:10-14)

Les rabbins et l’astrologie

De nombreux Sages du Talmud semblent bien croire que les corps célestes ont une influence sur les affaires humaines. « La [longueur de] vie, les enfants et la subsistance ne dépendent pas du mérite mais [plutôt] du mazal [les étoiles] » (TB Moed Katan 28a). Une page du Talmud (TB Chabbat 156a) présente un long débat sur l’influence de la position des planètes au moment de la naissance sur le caractère d’un individu. Deux positions concluent le débat. Selon Rabbi Hanina, « l’influence des planètes donne la sagesse, la richesse et Israël est sous l’influence des planètes » (yech mazal léyisraël). En revanche, selon Rabbi Johanan à qui est donné le dernier mot, « Israël est exempt de l’influence des planètes » (eyn mazal léyisraël).

Le Sefer Yetsira (Livre de la Création), daté entre le 3e et le 6e siècle de l’ère commune, est le plus ancien traité hébraïque de cosmologie et de cosmogonie. Ce livre fait mention des signes zodiacaux qu’il associe à chaque mois du calendrier juif. Les signes du zodiaque sont souvent représentés dans les mosaïques d’anciennes synagogues ou dans des éditions très anciennes de livres de prières.

De nombreux autorités rabbiniques médiévales étaient de grands connaisseurs de l’astrologie, comme Saadia Gaon et Abraham Ibn Ezra. À l’inverse, le rationaliste Maïmonide¹ fustige :

« les divagations qu’imaginent faussement les partisans de l’astrologie lorsqu’ils prétendent que, selon les moments où naissent les hommes, ils sont ou vertueux ou vicieux ; qu’un individu est irrésistiblement contraint d’accomplir ces sortes d’action. (…) C’est que toutes les actions de l’homme relèvent de lui-même, qu’aucune nécessité ne pèse sur lui à cet égard, et qu’aucune force étrangère ne l’oblige à tendre à une vertu ou à un vice. (…) D’ailleurs, si l’homme était contraint dans ses actions, les commandements et les défenses de la Loi divine deviendraient sans objet, et toute la législation mosaïque serait absolument vaine, l’homme ne possédant pas le libre choix de ses actions. »

Même si certains rabbins ont pu reconnaître l’influence des constellations (ou aujourd’hui des facteurs génétiques ou sociaux) sur la vie d’un individu, la tradition juive a toujours insisté sur le libre-arbitre de l’homme. Il ne s’agit pas de nier que le moment et les conditions d’une naissance peuvent jouer un rôle sur la vie d’un individu, mais d’affirmer la responsabilité de l’individu dans la conduite de sa vie.

 

Concluons en musique : Mazel Tov !

¹  Maïmonide, Les Huit Chapitres (chapitre 8). Citation tirée de Les Maximes des Pères – Les Huit Chapitres, éditions Colbo, 6e édition, 2010, page 247.

Photo : Affiche du film Mazel Tov ou le mariage de Claude Berri (1969)