La sidra Nitsavim est la dernière sidra que nous lisons cette année avant Roch Hachana.

Dans cette sidra, Moïse poursuit son discours aux Israélites qui sont sur le point d’entrer en Erets-Israël. Il leur dit que Dieu fait une alliance avec eux tous, ceux qui sont là et ceux qui ne sont pas là. La tradition a interprété cela comme voulant dire qu’à travers eux, cette alliance était aussi conclue avec les futures générations.

La sidra Nitsavim contient un magnifique enseignement selon lequel la Torah de Dieu est très proche de nous :

Car cette loi que je t’impose en ce jour, elle n’est ni trop ardue pour toi, ni placée trop loin. Elle n’est pas dans le ciel, pour que tu dises: « Qui montera pour nous au ciel et nous l’ira quérir, et nous la fera entendre afin que nous l’observions? » Elle n’est pas non plus au delà de l’océan, pour que tu dises: « Qui traversera pour nous l’océan et nous l’ira quérir, et nous la fera entendre afin que nous l’observions? » Non, la chose est tout près de toi: tu l’as dans la bouche et dans le cœur, pour pouvoir l’observer! (Deutéronome, 30:11-14)

Au début de ces versets, « cette loi » traduisent « hamitsva hazot » dans le texte biblique, littéralement « ce commandement ». Mais de quelle mitsva s’agit-il ?

Pour la plupart des commentateurs, cela fait référence à l’observance de la Torah dans son ensemble. La Torah est à notre portée, elle n’est pas réservée à une élite intellectuelle ou religieuse. Au début de la sidra, Moïse explique d’ailleurs que Dieu conclut son alliance avec tous, pas seulement les hommes adultes, mais aussi les femmes, les enfants et les étrangers qui vivent avec eux. Selon ces versets, chacun d’entre nous a la capacité de vivre selon la Torah.

Il existe cependant une autre interprétation rabbinique, celle de Nahmanide (dit Ramban, Espagne, 13e siècle). Selon lui, ces versets font référence à une mitsva spécifique, celle de la téchouva. Le mot téchouva vient de la racine hébraïque chouv, qui veut dire « revenir » ou retourner ». Souvent traduit par repentir, la téchouva est ce retour sur nous-mêmes pour analyser, explorer et amender, changer, et revenir vers ce que nous sommes réellement, vers nos proches, vers Dieu.

Pourquoi cette référence à la téchouva? Les dix versets qui précèdent directement ce passage décrivent le processus de la téchouva au terme duquel Israël exilé retournera à Dieu et sera restauré dans sa terre. La racine du mot téchouva, shouv, y est répétée 7 fois.

Relisons l’extrait de la sidra en pensant spécifiquement à la téchouva : elle n’est ni trop ardue, ni trop loin. Elle n’est pas dans le ciel, ni au-delà de l’océan, elle est ici et maintenant. La téchouva est tout près de toi, tu l’as dans la bouche et dans le cœur pour pouvoir l’observer.

Alors que nous nous approchons des Yamim Noraïm, les jours redoutables qui vont de Roch Hachana à Yom Kippour, ces mots peuvent nous encourager. Dans cette période, nous avons la tâche difficile, souvent décourageante, de considérer l’année passée, de faire un « hechbon nefech », un examen de conscience, pour accomplir cette téchouva, ce retour vers Dieu.

Nous pouvons croire que ceci est trop difficile ou que cela peut être reporté. La sidra nitsavim peut nous rappeler que c’est à notre portée. La téchouva est dans notre cœur et notre bouche pour l’observer: c’est un mouvement interne du cœur, une parole exprimée et un engagement dans l’action.