Résumé de la Parachat Michpatim (Exode 21:1 – 24:18)

La Parachat Michpatim énumère un grand nombre de lois civiles et pénales. Ces lois vont du traitement des esclaves à la nécessité de ne pas opprimer l’étranger. Elles abordent aussi le traitement des crimes, des blessures corporelles, les pratiques commerciales déloyales, l’iniquité des juges. Suivent des lois relatives au culte, comme le commandement d’observer l’année chabbatique, une répétition du commandement d’observer le Chabbat, la première mention des trois fêtes de pèlerinage, des règles relatives aux sacrifices et l’interdiction de faire cuire le chevreau dans le lait de sa mère. Moïse répète tous ces commandements au peuple qui s’écrie : « Tout ce qu’a dit l’Éternel, nous le ferons ».

Des lois éthiques et sociales

Après la Révélation divine au mont Sinaï de la Parachat Yitro, la Parachat Michpatim nous plonge dans une longue liste détaillée et variée de commandements, de mitsvot. La Parachat Yitro faisait le récit d’une expérience exceptionnelle et grandiose. Après trois jours de préparation, Les Israélites ont été confrontés à la présence divine à travers un nuage épais. La Parachat Michpatim nous fait en quelque sorte revenir sur terre avec l’énoncé d’un grand nombre de règles et de lois.

Après le récit de la Révélation au mont Sinaï, les lois énoncés dans notre Paracha auraient pu concerner des rites comme les sacrifices ou la cacheroute. Mais ces lois, si diverses soient-elles, ont un point commun. Elles concernent les relations sociales. Elles parlent de nos relations aux autres être humains. En effet, elles incluent des commandements sur les droits des esclaves, le commandement de ne pas opprimer l’étranger, de ne pas maltraiter la veuve et l’étranger, de ne pas répandre de fausses rumeurs, ainsi que des règles sur les droits de la propriété ou les dommages. Ces lois offrent une direction morale à caractère universel, alors que les lois rituelles sont spécifiques aux relations entre Israël et Dieu. On trouve un certain nombre de lois rituelles dans notre paracha, mais celle-ci se focalise d’abord sur les lois éthiques.

Construire une société juste

On peut voir dans l’énoncé de ces lois éthiques après la Révélation au mont Sinaï comme un salutaire avertissement. C’est une mise en garde contre la tentation de plonger dans le tout religieux et de nous retrancher dans nos synagogues. Notre relation à Dieu et la manière dont nous l’exprimons n’a de ce sens que si nous travaillons à bâtir une société juste et éthique. Une autre tentation est celle de se retrancher derrière le caractère particulier de la relation entre Dieu et Israël. Cette particularité d’Israël est en effet indissociable du message universel de la Tora. On trouve cette juxtaposition dans les Dix Commandements même. La tradition divise en effet les Dix Paroles en deux groupes. Les cinq premières paroles parlent de notre relation à Dieu (mitvot ben Adam laMakom). Les cinq autres concernent nos relations aux autres êtres humains (mitsvot ben Adam laHavéro).

Michpatim nous rappelle que nous ne devons pas rester sur le mont Sinaï. Nous devons avancer pour construire une société juste. La Tora nous offre une direction pour construire cette société. Même si nous savons que nous ne pouvons pas atteindre cet objectif qui peut sembler un idéal, notre devoir est de progresser. Michpatim nous rappelle que ce travail et cet effort sont essentiels à la vie religieuse.

 

Ce texte reprend les grandes lignes d’un commentaire de David Hoffman du JTS. Pour le texte complet en anglais, cliquez ici.