Hanouka commence samedi 24 décembre au soir !

C’est l’une des fêtes les plus connues et célébrées aujourd’hui du calendrier juif. Appelée aussi « fête des lumières », Hanouka est simple à première vue, avec un rituel qui consiste pour l’essentiel à allumer des bougies chaque soir des huit jours que dure la fête.

Mais Hanouka est-elle si simple que cela ? Dans le Talmud, la discussion sur Hanouka commence par la question  : « Qu’est-ce que Hanouka ? » , comme si pour les rabbins, la réponse à cette question n’était pas si évidente que cela (TB Chabbat 21b).

Alors, qu’est-ce que Hanouka ? Et que savez-vous de Hanouka ? Par exemple :

  • que signifie le mot Hanouka ?
  • pourquoi allume-t-on des bougies à Hanouka ?
  • comment procède-t-on à l’allumage des bougies de Hanouka ?
  • pourquoi mange-t-on des beignets à Hanouka ? (question sans doute secondaire pour certains mais cruciale pour d’autres)
  • pourquoi la fête dure-t-elle huit jours ?

Voici quelques points clés sur Hanouka pour tenter de répondre (ou commencer de répondre) à toutes ces questions et à quelques autres.

Nom et date de la fête de Hanouka

La fête de Hanouka dure huit jours. Elle commence le 25e jour du mois de Kislev et se termine le 2e ou 3e jour du mois de Tevet (selon que le mois de Kislev dure 29 ou 30 jours).

Hanouka a lieu généralement en décembre, au moment où les journées sont les plus courtes dans l’hémisphère nord.

Hanouka est une fête dite mineure dans le calendrier juif car elle ne figure pas dans la Torah. Ce n’est pas une fête chômée (sauf le jour de Chabbat bien sûr). Ses rituels ont été institués dans la période post-biblique.

Hanouka est un mot hébreu qui signifie inauguration. Cela fait référence à la ré-inauguration du Temple qui eut lieu au second siècle avant l’ère chrétienne après la victoire d’un groupe de Juifs, appelés les Maccabées, sur l’oppression grecque.

Le contexte historique : la victoire des Maccabées et la ré-inauguration du Temple en l’an -164

La Judée se trouvait alors dans l’empire séleucide, issu de la division de l’empire d’Alexandre le Grand. La religion juive se trouva mise en péril par l’arrivée au pouvoir d’Antiochus IV Épiphane qui voulait unifier et helléniser l’ensemble de son royaume. En terre d’Israël, Antiochus IV interdit la pratique du culte juif sous peine de mort, pilla le Temple, y installa une statue de Zeus et y fit pratiquer des sacrifices aux dieux grecs.

En l’an -167, des Juifs de Judée, menés par Juda Maccabée, se soulevèrent contre les troupes gréco-syriennes, largement supérieures en nombre et en puissance.  À l’automne de l’an -164, Juda et ses hommes réussirent à s’emparer de Jérusalem et du Temple qui avait été transformé en temple païen. Ils le nettoyèrent et y ré-inaugurèrent le culte le 25e jour du mois de Kislev. Des célébrations eurent lieu pendant huit jours, en référence à la fête de Souccot (la fête des cabanes qui a lieu à l’automne). Les Maccabées décidèrent que cet événement serait célébré chaque année pendant huit jours à compter du 25 Kislev.

Ces événements sont racontés dans le premier et le deuxième livres des Maccabées. Ces livres ne figurent pas dans le canon biblique hébraïque mais ont été inclus dans le canon biblique catholique. L’histoire de la révolte des Maccabées est aussi relatée par Flavius Josèphe dans Les Antiquités hébraïques (1er siècle).

Le miracle de l’huile

Bien après les événements relatés dans les livres des Maccabées, la tradition rabbinique va lier les huit jours de la fête de Hanouka au miracle d’une petite fiole d’huile qui brûla huit jours.

De quel miracle s’agit-il ? Pour ré-inaugurer le Temple, il fallait rallumer la Ménora, le grand chandelier en or à sept branches dont les flammes brûlaient en permanence dans le Temple. L’allumage était fait avec une huile consacrée. Or on ne trouva qu’une seule fiole d’huile intacte dont la contenance suffisait tout juste pour illuminer la Ménora pendant une journée. La Ménora fut tout de même allumée avec cette huile le 25e jour du mois de Kislev et un miracle se produisit : l’huile brûla pendant huit jours, le temps nécessaire pour préparer de nouvelles fioles d’huile.

Cette histoire se trouve dans le Talmud mais elle n’est pas du tout évoquée dans les livres des Maccabées.

L’allumage des bougies

Hanouka est une fête qui se célèbre essentiellement à la maison. Chaque soir, nous allumons un chandelier appelé Hanoukia avec de l’huile ou des bougies. Allumer les bougies de Hanouka est une mitsva (commandement) instituée par les rabbins.

Comme l’objectif de l’allumage est de « rendre public le miracle », on pose la Hanoukia dans un endroit visible depuis l’extérieur, près d’une fenêtre typiquement. Les bougies ne doivent pas avoir un usage matériel (comme nous éclairer). Leur rôle est seulement spirituel et symbolique.

La Hanoukia comprend huit branches plus une branche additionnelle, un peu plus élevée ou écartée, pour le chamach (serviteur en hébreu), qui sert à allumer les autres bougies.

Le premier soir, à la tombée de la nuit, on allume une bougie, le deuxième soir deux bougies, et ainsi de suite jusqu’au huitième soir où toutes les bougies de la Hanoukia sont allumées. La première bougie est placée tout à fait à droite, puis la deuxième bougie à la gauche de la première bougie et ainsi de suite. On allume les bougies en allant de gauche à droite.

On prononce deux bénédictions avant d’allumer les bougies. Le premier soir, on prononce aussi la bénédiction « Chéhéhéhyanou » dite dans toutes les étapes heureuses de notre vie.

Après l’allumage on chante traditionnellement « Hanerot Hallalou » et « Maoz Tsour« .

Autres coutumes de Hanouka

  • À Hanouka, on a coutume de manger des plats frits dans l’huile pour rappeler le miracle de la fiole d’huile : notamment des beignets (souvganiot en hébreu) et dans les familles achkénazes les latkes (galettes de pommes de terre).
  • Un jeu traditionnel est la toupie, dreidel en yiddich, sevivon en hébreu.
  • La tradition s’est développée de donner des petites sommes d’argent aux enfants. Sans doute sous l’influence (ou la concurrence!) de Noël, Hanouka est devenue une fête où l’on offre des cadeaux aux enfants. Pour certains, un cadeau chaque jour de la fête !
  • On compte de nombreuses chansons traditionnelles de Hanouka. Par exemple : Sevivon, Mi Yemalel

Mais quel est le sens de Hanouka ?

Selon les sensibilités, Hanouka peut avoir des significations variées :

  • une fête joyeuse pour les enfants
  • une célébration de la liberté religieuse pour laquelle il faut savoir lutter
  • la force de la tradition juive face à l’assimilation
  • un symbole de libération nationale
  • un symbole de l’espoir toujours présent, la capacité de faire surgir la lumière, même une toute petite lumière, dans l’obscurité
  • et pour vous ?

 

Pour se mettre dans l’ambiance, un petit medley de célèbres airs :