Pessah, la fête juive de la Pâque, approche ! Cette année, la fête commencera lundi 10 avril au soir.

Besoin de révisions rapides ? Voici quelques points clés à savoir sur Pessah.

Pessah est l’une des fêtes juives les plus connues et appréciées. C’est l’une des trois fêtes avec Chavouot (Pentecôte) et Souccot (fête des Cabanes) à l’occasion desquelles les Israélites faisaient un pèlerinage au Temple de Jérusalem. Depuis la destruction du second Temple en 70 de l’ère commune, la fête s’est largement focalisée sur un repas rituel familial, appelé Seder.

Quand fête-t-on Pessah ?

Pessah est célébrée pendant sept jours à partir du 15 Nissan, ce qui correspond aux mois de mars/avril. Pour les Juifs traditionalistes de la diaspora, elle dure huit jours. Le premier jour et le septième jour sont chômés (yom tov). Les jours intermédiaires sont des jours de fête où l’on peut travailler.

Que célèbre Pessah ?

Comme les deux autres fêtes de pèlerinage, Pessah a une dimension agricole et une dimension spirituelle. C’est la fête du printemps (Hag haAviv) et des prémices de la récolte. Du point de vue spirituel, Pessah célèbre la Sortie d’Égypte. Après plus d’un siècle d’esclavage en Égypte, Dieu libère les Hébreux. La fête commémore en particulier la nuit où Dieu a épargné les maisons des Hébreux pendant la 10e plaie (la mort des premiers nés) et le jour suivant où les Israélites quittèrent précipitamment l’Égypte.

Ainsi, la fête de Pessah célèbre l’intervention de Dieu qui a fait passer les Israélites de l’esclavage à la liberté. Elle évoque Dieu comme le libérateur de l’humanité, ce qui constitue un fondement de la conception de Dieu et de l’éthique dans le judaïsme. Pessah marque aussi l’anniversaire de la naissance du people juif en tant que nation libre.

En hébreu, le mot Pessah vient du verbe passah qui signifie « passer au-dessus ». Cela rappelle comment Dieu est passé par-dessus les maisons des Hébreux pendant la nuit de la dixième plaie. Le mot Pessah rappelle aussi l’agneau pascal qui était sacrifié au Temple à l’occasion de la fête.

Comment célèbre-t-on Pessah ?

Pessah à la maison

La principale règle  est l’interdiction de consommer ou de détenir du hamets. Ce terme désigne cinq céréales susceptibles de fermenter au contact de l’eau : froment, orge, seigle, avoine, épeautre. Selon certaines traditions ashkénazes, l’interdiction est étendue à de nombreuses autres graines comme les légumineuses. Cette règle rappelle que les Hébreux quittèrent l’Égypte précipitamment, emportant du pain qui n’avait pas pu lever. Pendant Pessah, on mange du pain azyme (matsa). Ce pain est préparé selon des procédés spécifiques et cuit très rapidement avant que le processus de fermentation n’ait commencé.

On prépare la fête par un nettoyage méticuleux de la maison afin d’éliminer toute trace de hamets : on part à la chasse à la miette ! On remplace aussi la vaisselle ordinaire par une vaisselle spéciale pour Pessah. Ou alors on cachérise la vaisselle pour la rendre apte à être utilisée pendant Pessah. On retire les stocks restants de produits contenant du hamets. Pessah est donc une fête qui demande beaucoup de préparation !

Le rituel central de Pessah est le Seder, un repas rituel finement orchestré qui a lieu à la maison ou dans la communauté. Un certain nombre d’aliments symboliques sont placés sur un plateau au centre de la table. On trouve notamment la matsa (pain azyme), un os qui rappelle le sacrifice pascal au Temple et le maror, des herbes amères qui symbolisent la vie difficile des Hébreux en Égypte.

Le déroulement du Seder est détaillé dans un livre appelé Haggada. Ce mot signifie « récit » en hébreu. La Haggada évoque l’histoire de la sortie d’Égypte et loue Dieu pour cette libération. Tout au long du Seder se multiplient les rituels curieux qui sont là pour susciter l’interrogation et la discussion.

Pessah à la synagogue

Même si Pessah est célébrée principalement dans le cadre familial, elle comporte aussi des particularités dans la liturgie de la synagogue. On fait des lectures bibliques particulières. On lit notamment Chir haChirim, le Cantique des Cantiques. Le dernier jour de Pessah, a lieu le Yizkor. C’est un rituel de souvenir en mémoire des disparus, qui a lieu quatre fois par an.