Symbole le plus manifeste de Roch Hachana, le chofar (שׁוֹפָר) est une corne de bélier. Il est sonné 100 fois le jour de Roch Hachana ainsi qu’à la fin des offices et du jeûne de Yom Kippour.

Qu’est-ce qu’un chofar ?

Le chofar est une corne évidée d’animal dans laquelle on souffle pour sortir un son qui fait penser à un cri. Cette corne est souvent celle d’un bélier qui rappelle le bélier sacrifié par Abraham à la place de son fils Isaac (Genèse, 22). Ce peut être un autre animal cacher comme le bouc, la gazelle ou l’antilope, mais non de taureau afin de ne pas rappeler l’idolâtrie du veau d’or (Michna R.H. 3,2).

Depuis des générations, les Juifs écoutent le chofar à Roch Hachana et à la fin de Yom Kippour. Ce son résonne à travers leur histoire. Il a retenti lors de la Révélation du mont Sinaï (Exode, 19:16-19). Il était aussi entendu au Temple ou encore pour convoquer le peuple d’Israël à la guerre.

Écouter le chofar, la mitsva de Roch Hachana

Le terme « Roch Hachana » ne figure pas dans la Tora qui parle de Yom Teroua, jour de sonnerie (Nombres, 29:1). La sonnerie du chofar est la mitsva (commandement) la plus importante de Roch Hachana.

« Le septième mois, le premier jour du mois, est pour vous un jour de repos solennel, un jour de mémoire d’ovation (ou sonnerie), avec réunion sacrée » (Lévitique, 23:24).

Les rabbins ont compris ce commandement comme celui d’écouter et non de sonner le chofar. Cela signifie en pratique que l’on n’a pas à sonner soi-même le chofar à la synagogue, tâche d’ailleurs difficile ! Cela rappelle aussi que la période des Jours redoutables ouverte par Roch Hachana est un temps d’écoute : écoute de l’autre, écoute de soi-même aussi.

Les rabbins ont défini un ensemble complexe de règles sur la manière de sonner le chofar. La personne qui sonne le chofar est appelée baal tekia. La sonnerie du chofar est un moment très solennel qui requiert une grande concentration. Très souvent, l’assemblée est dissimulée sous son talit pour écouter le chofar.

Les sonneries du chofar sont organisées en séries régulières de trois espèces de sons :

  • Tekia est un son long et étiré. On appelle tekia guedola (grande tekia) la dernière sonnerie qui retentit aussi longtemps que possible.
  • Chevarim est une série de trois sons courts.
  • Teroua est une série de neufs sons saccadés.

Comme la sonnerie d’un réveil

Le chofar produit un son élémentaire et brut qui peut avoir un pouvoir émotionnel très fort. Le son rauque, parfois déchirant, du chofar exprime quelque chose de profond en nous, peut-être indicible. On peut aussi le comparer au premier cri du nouveau-né, comme si le nouvel an constituait une renaissance. Pour Maïmonide, le chofar est comme un réveille-matin qui nous fait sortir de notre sommeil spirituel et nous invite à examiner nos actions et à retourner vers Dieu notre Créateur.

Découvrir le son du chofar

Pour entendre les différents sons du chofar, regardez la vidéo suivante (pour les non-anglophones, allez directement à 1:30)