L’hébreu est la langue traditionnelle du peuple juif et l’un des facteurs fondamentaux de son unité. Il appartient à la famille des langues sémitiques comme l’araméen et l’arabe.

L’hébreu, trois mille ans d’existence

Les plus anciens textes hébraïques remontent au Xe siècle avant notre ère. L’hébreu a été utilisé à l’écrit et à l’oral jusqu’au Ier siècle de notre ère. Il a ensuite cessé d’être parlé communément mais est resté utilisé comme langue écrite dans la liturgie, l’étude et la littérature rabbinique.

La Bible est écrite en hébreu, à l’exception de quelques parties en araméen du livre de Daniel et du livre d’Ezra. Il en est de même pour la Michna, le recueil des règles de la Loi orale qui a été rédigé à la fin du IIe siècle et constitue la base du Talmud. La Guémara, qui forme le commentaire de la Michna, est écrite surtout en araméen avec quelques parties en hébreu.

À la fin du XVIIIe siècle, la Haskala, le mouvement juif des Lumières, a suscité un regain d’intérêt pour la langue hébraïque, notamment l’hébreu de la Bible, et fait renaître l’hébreu comme langue littéraire.

La résurrection de l’hébreu parlé date de la fin du XIXe siècle et s’inscrit dans le projet sioniste d’établissement d’un état juif. Le père de l’hébreu moderne s’appelle Eliézer Ben Yéhouda (1858-1922). Il a créé un dictionnaire d’hébreu moderne en incorporant des mots de l’hébreu ancien et en créant de nouveaux mots. Son usage s’est rapidement répandu parmi les pionniers du Yichouv, le peuplement juif en Erets Israël jusqu’à la création de l’État d’Israël en 1948. En 1922, l’hébreu est devenu l’une des langues officielles du Mandat britannique en Palestine. Il est aujourd’hui parlé par les citoyens d’Israël et de nombreux Juifs à travers le monde.

Quelques points essentiels à savoir sur l’alphabet et la langue hébraïque :

  • L’hébreu compte 22 consonnes.
  • L’alphabet hébraïque est souvent appelé alef-bet, du nom de ses deux premières lettres.
  • Cinq lettres ont une graphie particulière lorsqu’elles sont en fin de mot (kaf, mem, noun, pé, tsadé).
  • L’hébreu n’a pas de voyelles. Cependant, trois lettres ont été utilisées pour représenter aussi des sons vocaliques (hé, vav, yod). Il existe aussi un système pour noter la vocalisation des lettres, avec des points placés au-dessus ou en dessous des lettres, appelés nikoudot. Il a été mis au point vers le Xe siècle par des rabbins connus sous le nom de Massorètes. On trouve notamment ce système de points dans les livres de prières. Les rouleaux de la Tora et les textes modernes, à l’exception de certains textes pour enfants et de la poésie, sont écrits sans signes de vocalisation.
  • L’hébreu s’écrit de droite à gauche.
  • Il existe plusieurs écritures, dont une écriture dite « carrée » et une écriture « cursive » utilisée pour l’écriture manuelle.
  • Il n’y a pas de lettres majuscules en hébreu.
  • Les noms en hébreu ont un genre : masculin ou féminin. L’hébreu possède trois nombres : le singulier, le pluriel et le duel (forme prise par les noms qui désignent des objets qui vont par paire).
  • Les mots hébreux sont construits autour d’une racine ou squelette de trois consonnes. Il y a quelques exceptions avec des racines de deux ou quatre lettres. Ce système permet de fabriquer des mots nouveaux à partir d’éléments anciens.
  • Chaque lettre de l’alphabet a une valeur numérique. Elle est utilisée pour noter les nombres. Il existe une méthode d’interprétation de la Bible basée sur ces valeurs numériques, appelée guématria.