Adon Olam (אֲדוֹן עוֹלָם) est l’un des chants les plus connus de la liturgie juive, par lequel très souvent on débute ou conclut la prière à la synagogue. En quelques lignes, ce poème aborde la conception de Dieu dans la tradition juive.

L’origine du chant

Adon Olam est un piyout (poème liturgique) très populaire, souvent l’un des premiers que l’on apprend. Lors des offices, il est souvent chanté pour conclure la prière, parfois pour la commencer.

Le poème est attribué à Salomon Ibn Gabirol, un poète et philosophe qui vécut en Espagne au XIe siècle. En réalité, on ne connait ni l’auteur ni la date de composition du poème.

Que signifient les paroles de Adon Olam ?

Commençons par une traduction du poème en français (Source : Tefilati, Éditions Biblieurope, page 15) :

Souverain du monde
Il a régné avant que rien ne fût créé,
Lorsque tout s’accomplit selon son désir
Il est appelé roi.

Et quand il ne resterait plus rien,
Il serait toujours le seul vrai souverain.
Il fut, il est et il sera,
Et toujours il resplendira.

Il est un, et nul second
Ne peut lui être comparé.
Il n’a ni commencement, ni fin,
À lui la force et la puissance.

Il est mon Dieu, mon rédempteur
Et mon salut dans le malheur
Mon refuge miraculeux,
Il remplira ma coupe quand je l’invoque.

Entre ses mains je recommande mon âme,
Lorsque je m’endors ou m’éveille
Et avec mon âme, je confie mon corps
L’Éternel est avec moi, je suis sans crainte.

Ici, les deux premiers mots qui sont aussi le titre du poème sont traduits par « Souverain du monde », mais on trouve aussi souvent la traduction « Maître de l’univers ». En hébreu, le mot Adon signifie maître ou seigneur. Le mot Olam comporte une ambiguïté. Dans la Bible, Olam évoque l’idée d’éternité (dans le temps) tandis qu’en hébreu moderne, il signifie plutôt le monde ou l’univers. Dans les deux cas, le mot renvoie à l’idée d’un infini, qu’il soit temporel ou spatial.

Adon Olam, ou Dieu à la fois transcendant et proche de l’homme

En quelques lignes, le poème nous dit que Dieu est à la fois transcendant et immanent. Dans la première partie, Dieu est évoqué comme le créateur et le souverain tout-puissant du monde. La deuxième partie parle de la relation de confiance entre l’homme et Dieu, dans lequel Dieu protège l’homme, est proche de lui, voire très intime. Cette relation personnelle se trouve notamment dans l’emploi du ‘je’ dans les deux dernières strophes.

La relation d’intimité et de confiance avec Dieu est exprimée de manière forte dans la dernière ligne du poème : « L’Éternel est avec moi, je suis sans crainte », qui pourrait même être traduit par « L’Éternel est à moi, je suis sans crainte ». Il rappelle le psaume 23 : « Dussé-je suivre la sombre vallée de la mort, je ne craindrais aucun mal car tu serais avec moi »

Chanter Adon Olam

Il existe d’innombrables mélodies pour chanter Adon Olam. En voici quelques unes :


(version medley)

 

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